há 2 meses
Il y a un Paris que les touristes ne verront jamais. Celui de cinq heures du matin, quand les lampadaires sont encore allumés mais que le ciel commence à rosir derrière le Sacré-Cœur. Les rues sont mouillées par les camions de nettoyage et les pavés brillent comme du marbre poli. C'est dans ce Paris-là que je vis vraiment.
Ce matin j'ai pris les quais rive gauche. La Seine était plate comme un miroir et la tour Eiffel se reflétait dedans, à l'envers, tremblante. J'ai ralenti au pont Alexandre III juste pour regarder. Un jogger m'a fait un signe de la main. Les seuls gens debout à cette heure se reconnaissent entre eux - on partage quelque chose, un secret que le reste de la ville dort encore trop pour connaître.
La CB ronronnait en deuxième, presque au ralenti. Pas besoin d'aller vite. La vitesse, c'est pour les autoroutes. Ici, dans cette lumière-là, sur ces pierres-là, le plaisir c'est la lenteur. Sentir chaque jointure du pavé, chaque virage le long du fleuve, chaque changement de lumière quand on passe sous un pont.